Guide de survie pour affronter Noël

Ce petit guide “Dealing with social Landmines” dont je vous parlais d’ailleurs ici en 2014 de Lisa Manterfield a été librement traduit et adapté de l’e-book à quatre mains par Lara et Chapi Chapo à l’occasion des fêtes de Noël en 2015 pour le collectif BAMP.

Voici Noël, ô douce nuit…

LE PLAN INFAILLIBLE

  1. Imaginez la soirée (ou le goûter, dîner, etc.) dans le meilleur des cas.

Est-ce que vous voulez profiter de l’occasion pour expliquer à votre famille à quel point certains commentaires sont blessants? Est-ce que vous voulez faire plaisir à la personne qui vous invite? Ou est-ce que vous voulez juste passer la soirée en gardant votre calme? Savoir ce qu’on veut accomplir est important pour s’en donner les moyens, mais il faut un but réaliste. Espérer que personne ne parle de bébés n’en est pas un, il vaut mieux supposer que quelqu’un le fera, et se préparer.

  1. Identifiez les dangers.

Informez-vous sur qui sera là. Est-ce qu’il y aura le cousin qui vous lance toujours des piques blessantes? La cousine qui a eu un bébé surprise? Réfléchissez à ce que les gens savent sur votre situation, par ignorance ou maladresse les gens pourront poser des questions blessantes. En réfléchissant à la liste des invités en avance, vous pourrez avoir une meilleure idée des pièges potentiels et élaborer un plan.

  1. Trouvez-vous des alliés.

Maintenant que vous avez identifié les dangers, essayez de trouver un îlot de sécurité. Y aura-t’il quelqu’un qui connaît votre situation et qui vous comprenne? Si oui pouvez-vous lui parler de vos difficultés avec la belle-soeur Cunégonde et ses piques soi-disant humoristiques? Lui demander de garder un œil sur vous et de vous aider en cas de difficulté? Avoir une personne qui vous comprend peut être utile pour désamorcer une conversation difficile.

  1. Préparez une “conversation d’ascenseur”.

C’est un truc d’entrepreneur – un mini-speech tout prêt pour le cas où on prendrait l’ascenseur avec quelqu’un d’important. Votre “conversation d’ascenseur” sera une réponse courte et bien préparée à une question déplaisante, l’inévitable variation sur le thème “Vous avez des enfants?” (ou alors “C’est pour quand?”, etc.), qu’est-ce que vous répondez? La vraie question est : qu’est-ce que vous voulez répondre ? Il faudra préparer plusieurs réponses, selon que ça soit pour la copine du cousin germain qu’on ne connaît pas vraiment, quelqu’un que vous pourriez croiser régulièrement ou encore quelqu’un de plus proche. Vous n’avez pas besoin de dire toute la vérité, mais soyez prêts à donner autant d’informations que VOUS le déciderez, et ne vous sentez pas obligé de répondre à toutes les questions. Par exemple vous pouvez dire “je préfère ne pas parler de ça maintenant” et changez de sujet, mais ayez un sujet prêt sur lequel changer.

Lorsque vous préparerez votre “conversation d’ascenseur”, n’oubliez pas que la nature humaine a une fâcheuse tendance à vouloir résoudre les problèmes. Si vous répondez “Non, on essaie mais ça ne marche pas” ou “Malheureusement pas”, vous savez que vous aurez droit comme réponse (bienveillante) tout et n’importe quoi allant du “Et vous avez pensé à l’adoption?” à l’histoire de la sœur de la coiffeuse qui est tombée enceinte à 45 ans lorsqu’elle avait finalement lâché prise.

Alors comment éviter ces remarques bienveillantes si malvenues? Ne donnez pas aux gens un problème à résoudre. Essayez quelque chose du genre “Non, et vous?” ou “Non, et du coup j’en profite pour voyager (ou lire, ou regarder des films)” et enchaînez sur un voyage
(ou un livre ou un film) ou encore “J’ai une filleule et j’adore être marraine, d’ailleurs la semaine passée…”. Rappelez-vous que la plupart des gens (sauf quelques lourdingues compulsifs) cherchent juste un sujet de conversation afin de créer un lien et auront d’autres sujets de conversation qui pourront vous intéresser. Pensez à un sujet qui vous passionne et amenez la conversation sur ce sujet afin de trouver un terrain accessible à vous deux (si par malchance vous êtes tombés sur le lourdingue compulsif qui ne lâche pas le morceau, allez voir plus bas).

  1. Répétez.

Les meilleurs comédiens vous le diront : on n’arrive à rien sans travail, et pour passer des fêtes correctes alors qu’on n’a pas le cœur à ça, c’est un peu la même chose. Les athlètes répètent mentalement leur parcours avant la course, les comédiens avant leur apparition, les profs répètent leurs cours. La répétition vous aidera à vous sentir en confiance pour garder votre calme dans une situation difficile.

Adoptons donc la méthode Coué, car il a été prouvé que de vous imaginer vous tirer facilement d’une situation difficile, vous aidera à le faire pour de vrai.

PRENEZ LE CONTRÔLE DE VOTRE JOURNÉE :

Maintenant que vous êtes mieux préparés à affronter les fêtes, voici en vrac quelques idées plus concrètes pour ne pas se laisser ballotter par les événements.

— Arrivez en retard : ça vous permettra d’éviter les conversations de politesse.
— Prenez l’initiative : n’attendez pas qu’on vous propose un sujet de discussion, mais proposez-en un, sports, voyages, séries télé, un sujet qui vous paraît «sécurisé».
— N’en faites pas trop : c’est ok d’arriver, être poli et repartir. Vous n’avez pas besoin d’être la personne la plus cool de la soirée, vous pourrez l’être une autre fois.
— Occupez-vous : aidez en cuisine, portez les verres vides à la machine, remplissez les bols de chips. Ça vous permettra de faire plaisir à la personne qui invite et au besoin de quitter abruptement une conversation désagréable.
— Partez tôt : ne vous sentez pas obligés de rester jusqu’à la fin. Faites une apparition et préparez une excuse pour partir plus tôt (mal de tête, chat malade, travail).

 

POUR LE CAS OÙ VOTRE PLAN INFAILLIBLE FOIRERAIT…

Ok, comme on ne le sait que trop bien dans ce parcours, les meilleurs plans ont tendance à se casser la figure alors qu’on s’y attend le moins. Alors afin d’éviter de vous effondrer devant la belle-sœur Cunégonde ou de planter le couteau à viande entre les omoplates du cousin Rodolphe, soyez prêts à gérer les vagues d’émotions incontrôlables.

 

  1. Localisez la sortie de secours.

En arrivant, localisez la sortie la plus proche, et ayez toujours en tête où vous irez si vous décidez abruptement que vous voulez être ailleurs : la voiture, le jardin, les toilettes? Une fois que vous savez où vous comptez vous réfugier, réfléchissez à comment vous pourrez vous y rendre sans trop attirer l’attention. Feindre un coup de fil important? Une soudaine soif? Une migraine? Rappelez-vous que le but n’est pas d’être la reine de la fête, mais juste de passer la soirée dignement.

  1. Donnez le temps au temps.

On est d’accord, ce n’est pas le Noël dont vous rêviez. Voir les enfants s’émerveiller au pied du sapin, ça remue les ventres vides. Pensez à vous, pas aux avis des autres. Pour l’instant, et tant que vous souffrez, vous êtes la personne la plus importante, vous vous soucierez plus tard des explications. L’important est de tout faire pour que vous vous sentiez mieux, voire bien. Soyez indulgents envers vous-même : vous êtes là, parmi la famille, c’est un grand pas.

  1. Dites non.

Il y aura d’autres fêtes, et avec le temps vous irez mieux. Alors si vraiment vous ne vous sentez pas d’aller à telle ou telle autre fête organisée par la belle-sœur Cunégonde, vous pouvez toujours au dernier moment, prétexter une gastro. Personne ne vous en voudra (surtout pas Cunégonde qui craint pour les intestins délicats de sa progéniture). Et n’oubliez pas qu’en voyages de dernière minute il y a souvent des offres imbattables, qu’à Bali il fait 25 degrés et que la neige tombe en abondance sur les massifs…

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