Le thème du mois đź’¬ : comment savoir quand s’arrĂŞter ?

Je vous propose dorénavant d’aborder un thème par mois pour laisser le temps à chacun de participer et de réfléchir à l’élaboration des éléments de réponse.

En ce mois de juin, je vous invite à réfléchir à la question de sa propre limite.

Cette question m’a taraudĂ© dès l’ouverture de ce blog et j’ai Ă©cris plusieurs posts Ă  ce sujet que je vous ferai partager au cours de ce mois pour Ă©tayer la discussion.

Comment avez-vous su que votre limite Ă©tait atteinte et
ne pas avoir eu recours à des procédures du type GPA ?
ou poursuivre les FIVDO ?

 

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7 thoughts on “Le thème du mois đź’¬ : comment savoir quand s’arrĂŞter ?”

  1. en ce qui me concerne, je n’ai pas l’impression d’avoir choisi d’arrĂŞter de manière vraiment consciente…Ă  un moment donnĂ©, c’est devenu Ă©vident, et mĂŞme vital,pour mon Ă©quilibre psychique notament, de tout stopper. Cela s’est fait brutalement comme une « rĂ©vĂ©lation » sans tomber dans le mysticisme!!!
    il n’y a pas eu de concertation avec mon ami mais quand il a compris ma dĂ©cision, j’ai vu son immense soulagement. En fait je crois qu’on avait Ă©tĂ© au bout de nos limites, et qu’on les avait certainement dĂ©passĂ©es, emportĂ©s par le tourbillon du processus. On sentait qu’on avait perdu pied et la dĂ©cision d’arrĂŞter nous faisait reprendre notre vie en mains.
    Il me tarde de lire les autres commentaires car je suis très curieuse de connaitre les différents vécus d ece moment là de chacun/chacune!!

  2. C’est bien la question que je me pose en ce moment. Dernière FIV (n°3) en novembre 2014, je pensais repartir pour la n°4 au printemps 2015. Et depuis, rien. Je me suis lancée dans un nouveau projet professionnel, création de ma propre activité après une reconversion. Cela m’a bien occupée, la FIV 4 est toujours restée dans un coin de ma tête mais je repoussais sans cesse, l’envie n’était pas là. J’ai eu 40 ans en avril, je me dis que c’est maintenant ou jamais. Maintenant, ça veut dire en juillet dernier délai. Mais l’envie n’est toujours pas là. Pas envie d’appeler la gynéco pour lui dire que c’est reparti. Peur qu’un nouvel échec égratigne vraimen mon couple (ça avait été difficile après l’échec de la FIV 3). En même temps, j’ai peur de regretter plus tard, si je ne tente pas cette dernière chance… Je me fais accompagner en ce moment pour travailler à cette prise de décision. Je sens que le travail de deuil est en court, mais pas sûre que cela soit identique pour mon mari. Bref, ça me travaille…
    Contente que le sujet soit évoqué, je suis curieuse de lire d’autres témoignages.
    Et merci encore pour ce blog et ces articles, cela fait du bien de voir qu’on n’est pas seule!

  3. Comment savoir quand s’arrĂŞter… ahhh! s »il existait un simple mode d’emploi Ă  appliquer sans avoir Ă  se poser de questions! Eh ben non, ce serait trop facile, et on n’apprendrait finalement pas grand-chose sur soi-mĂŞme!
    Je crois pour ma part qu’Ă  partir du moment oĂą on se pose la question, c’est qu’on a connait la rĂ©ponse. Encore faut-il s’autoriser Ă  l’Ă©couter, Ă  l’accepter, et Ă  « mettre en Ĺ“uvre »…
    Concrètement, j’ai su que mes limites Ă©taient atteintes lorsque j’ai commencĂ© Ă  perdre vraiment les pĂ©dales suite Ă  l’Ă©chec de la tentative FIV-ICSI2. Il faut savoir qu’on avait dĂ©marrĂ© direct sur de la FIV-ICSI vu mon age « avancé » – ce qui m’avait dĂ©stabilisĂ© d’entrĂ©e de jeu, parce que j’avais l’impression d’emblĂ©e qu’on attaquait par les protocoles de la dernière chance. Donc je vivais la PMA comme une urgence, un truc ultime Ă  ne pas « rater ». Après FIV-ICSI1 et un replacement double sans grossesse, puis une FIV-ICSI2 sans replacement (blasto J+5 « insuffisants », et zĂ©ro congelĂ©s), l’impact Ă©motionnel Ă©tait Ă©norme, ingĂ©rable, et complètement disproportionnĂ© – je crois que les traitements Ă©taient aussi pour beaucoup dans ces ressentis extrĂŞmes, vraiment j’ai dĂ©couvert des choses effroyables, abominables, et notamment cette violence terrible envers les autres comme vis-Ă -vis de moi-mĂŞme… Bref c’Ă©tait Ă  ce point quand je me suis clairement entendu affirmer que si on n’arrĂŞtait pas tout, ça allait vraiment très très mal finir cette histoire (et après un geste improbable et hors de contrĂ´le, au final heureusement sans grave consĂ©quence, mais franchement pas loin de franchir la ligne)… On aurait pu se dire simplement de faire une pause, puis reprendre la suite lĂ  oĂą on l’avait laissĂ©e. On se l’est dit pour la forme mais chacun de nous savait très bien que c’Ă©tait une dĂ©cision dĂ©finitive. Par ailleurs, quand quelques rares proches me demandaient oĂą nous en Ă©tions, inexistantes Ă©taient les rĂ©actions « soutenantes » quant Ă  l’Ă©vocation du choix d’un arrĂŞt total des hostilitĂ©s: non, ni les mauvais rĂ©sultats, ni mon age que je proclamais trop avancĂ© (ma mère m’a eu très jeune, devenir mère pour moi après 35 ans tenait dĂ©jĂ  -mais inconsciemment encore!- du non-sens), ni les souffrances physiques et psychologiques que j’Ă©voquais n’Ă©taient entendues; au contraire on me poussait plutĂ´t Ă  remonter bien vite en selle, en me fourguant les coordonnĂ©es d’une telle qui avait suivi tel protocole, ou cette autre telle qui Ă©tait suivie par telle Ă©quipe, ou bien Ă  m’inviter Ă  engager une demande d’agrĂ©ment pour adoption… bref Ă©norme pression Ă  nouveau. Et c’est lĂ , en constatant l’acharnement des autres Ă  ce que je fasse un enfant que j’ai pris totalement conscience de l’impĂ©ratif d’arrĂŞter, presque comme une Ă©vidence. J’ai enfin osĂ© reconnaitre pour moi-meme, que je n’Ă©tais pas prĂŞte Ă  tout pour ĂŞtre mère! Puisque la FIV-ICSI montrait dĂ©jĂ  ses limites, il y avait fort Ă  parier que la suite nous aurait fait aborder l’éventualitĂ© soit de FIVDO soit de la GPA…et pour nous deux, idĂ©ologiquement, ce n’était dĂ©jĂ  plus faire un enfant de nous deux, et de seulement nous deux. Et c’est lĂ  notre seconde limite, puisque notre projet de couple pour un enfant tenait Ă  cette condition que ce soit totalement un enfant issu de nos cellules et nos cellules seulement. Hors course aussi l’adoption dans ce cadre-lĂ  du moins. (et lĂ  je m’arrĂŞte avant de dĂ©border du sujet du mois et d’ Ă©largir au thème « renoncer Ă  la parentalitĂ© »)
    Bref en résumé, j’ai su que mes limites qui étaient de trois ordres, étaient atteintes:
    d’une part physiquement : effets secondaires des traitements, douleurs diverses et variées),
    d’autre part en mesurant aussi l’ampleur de l’impact psychologique : idem/traitements + détresse morale on va dire,
    et enfin la prise de conscience de l’énorme décalage entre nos attentes, la réalité de la PMA, et les représentations figées des tiers (on va parler de la pression sociale pour faire court).
    Par ailleurs, j’avoue aujourd’hui qu’une petite voie m’a toujours murmuré que je ne serais pas mère, du moins via mon corps. Quand je dis toujours, c’est vraiment toujours, et j’ai aussi toujours refusé d’écouter cette petite voix…ça pourra peut-être paraitre à certain(e)s un peu « ésotérique » mais je m’en fiche! Si j’avais pris soin d’écouter cette petite voix plus tôt, je me serais épargné bien des déconvenues et des souffrances, peut-être même serais-je déjà mère par adoption… mais alors il est vraisemblable que je ne serais pas avec l’homme avec qui j’ai vécu tout ça, que je ne me connaitrais pas de la façon dont je me connais maintenant…peut-être pas aussi consciente de plein de choses pour lesquelles beaucoup de personnes manquent encore de clairvoyance…mais ça, c’est encore un autre sujet!

  4. euh c’est encore moi…. en fait c’est Ă  la fiv icsi3 la fin des haricots (fiv1 avec replacement double et zero grossesse, fiv2 avec replacement toujours sans grossesse et fiv 3 sans replacement car les blasto poussĂ©s Ă  J5 n’ont pas tenu le coup… et moi non plus ahah!! enfin bref, tu peux modifier les commentaires pour tout grouper ou publier Ă  la suite comme tu prĂ©fères….j’ai prĂ©fĂ©rĂ© laisser tout en petits morceaux, c’est frais, ça fait un peu salade de fruits, c’est bien de saison! (et surtout sinon je n’Ă©crivais encore rien cette fois alors que je trouve ton initiative extra mais chaque fois j’Ă©cris et puis ça me plait pas et puis j’annule tout en dernière minute… soupir, bref, c’est moi quoi) Plein des bises Ă  toutes celles et tous ceux qui passent par ici, simples lecteurs/trices ou participant/es! Arvi’ po!

  5. bonjour Ă  toutes
    mon parcours est le suivant
    moi 42 ans ,une fille 14 ans, lui 48 ans 0 enfant
    Entre 2014 et décembre 2016:
    3 IAC et 2 FIV 0 embryons
    3ème fiv 1 embryon mais résultat négatif
    4ème FIV Don d’ovocytes en Espagne: 14/11/2016: transfert de deux blastocyste rĂ©sultat positif le 25/11/16 mais grosses pertes de sang
    donc urgences: Ă©cho prĂ©coce le 3/12/16 vision d’un sac gestationnel
    le 10/12/16: Ă©cho aux urgences un embryon et un coeur qui bat
    le 12/12/16: il n’y a plus rien. tout est TERMINE

    OUI la PMA n’Ă©tait dĂ©jĂ  pas au dĂ©part ce qu’on espère mais elle offre une chance, chance qui ne s’est pas soldĂ©e par une issue heureuse pour nous.
    nous avons mené un douloureux et difficile combat
    et pour nous est arrivé un moment où il a fallut se retirer, faire le choix de LA VIE, la vie du couple
    je ne dis pas que faire un deuil, passer Ă  autre chose est simple et dans tous les cas cela ne se fait pas sur un coup de baguette magique
    c’est une construction, longue, douloureuse avec des retours arrières mais cela chemine. c’est aussi un autre combat.

    je n’ai pas Ă  me plaindre, j’ai eu la chance, dans mon autre vie, d’avoir donnĂ© la vie.VoilĂ  j’ai une fille d’une autre union et pour mon mari il ne restera rien de nous une fois que je serai partie, et inversement, sauf les souvenirs.
    c’est aussi quelqu’un de merveilleux, un super beau papa que ma fille adore car il rĂ©pare tellement de choses de l’absence et disons le de l’irresponsabilitĂ© de son propre père
    on imagine alors quel père merveilleux mon mari aurait fait

    le deuil continue de se faire, pour ma vie actuelle, de ne pouvoir fonder une famille avec mon mari, un homme merveilleux dont on ne peut que voir au quotidien quel père il aurait pu ĂŞtre et c’est en cela que c’est difficile: ne plus voir le père potentiel mais le mari pour toujours, et par extension, uniquement notre couple pour la vie.

    oui c’est une douleur, oui ce n’est pas super joyeux de penser et vivre tout cela mais c’est la vie, c’est notre vie et il faut faire avec
    le plus grand courage c’est d’accepter d’arrĂŞter ce parcours et de faire le choix du couple, le choix de l’amour et d’abandonner le rĂŞve de la famille
    et quand le choix est fait on peut dire que nous avons transcendĂ© notre choix de vie. Pour d’aucun cela signe un abandon mais pas pour nous.
    aujourd’hui je me recentre sur l’essentiel de ma vie et ce qui me pèse, les gens qui me gavent, je ne les subie plus, mĂŞme par pure convention social
    j’ai trop subi leurs remarques, leurs  » je sais tout », leur hypocrisie compatissante, leur jugement Ă  l’emporte pièce.
    ma souffrance je la garde, je la gère comme je veux et leurs petites histoires de vie plus ou moins heureuse ne m’intĂ©resse pas

    je vis ma vie, je vis mon histoire et seul cela compte
    il arrive un moment oĂą la douleur est tellement intense qu’on ne parle plus, qu’on ne se plaint plus car on n’a plus la force
    mais on avance, par amour et parce que l’ĂŞtre aimĂ© est Ă  nos cĂ´tĂ©s et seul cela compte Ă  prĂ©sent
    chacun chemine à sa façon, selon son parcours de vie
    c’est pour cela que les conseils ne s’appliquent pas de la mĂŞme façon pour toutes
    sauf celui ci: savoir s’Ă©couter, Ă©couter son corps et son moi le plus profond et surtout ne pas se maltraiter, avoir de la compassion pour soi mĂŞme, ne pas ĂŞtre dure avec soi, ne pas culpabiliser ou s’en vouloir
    ĂŞtre bonne avec soi
    c’est cela se recentrer sur soi mais cela demande du temps et c’est aussi accepter de prendre ce temps indispensable
    pour certaines cela prendra beaucoup de temps, pour d’autres moins car nous sommes toutes UNE donc diffĂ©rentes
    il faut aussi se faire confiance, confiance en son moi profond
    et quand c’est difficile, demander de l’aide extĂ©rieure
    moi je vois une masseuse shiatsu qui m’aide Ă  rĂ©parer mon corps maltraitĂ© par ces 3 annĂ©es de traitement
    elle m’avait aussi aidĂ© durant le traitement pour supporter les produits
    je n’avais plus envie de voir un psy car je n’ai plus envie de parler mais j’ai besoin de retrouver les sensations de mon corps, de retrouver une harmonie interne et une paix intĂ©rieure
    Mais ça c’est ce qui me correspond et j’ai mis du temps Ă  trouver ce qui me ferait du bien
    plein de courage Ă  toutes et tous (n’oublions pas nos hommes qui en majoritĂ© y laisse aussi des plumes)

    1. Merci pour ce beau témoignage, très touchant pour moi, car je me reconnais, je reconnais mon parcours, notre parcours de couple, dans certaines de vos expériences, décisions et réactions.

      1. merci Myriam pour votre rĂ©ponse. Ecrire mon histoire a Ă©tĂ© aidant pour Ă©vacuer un trop plein de tout ce parcours, un trop plein d’amour Ă  donner mais pas d’enfant pour le recevoir, un trop plein de tristesse, un trop plein de tout. Courage Ă  vous

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