Être en parentaise pendant ce confinement

En ce lundi de Pâques dans un contexte bien particulier, je viens vous donner quelques nouvelles et prendre des vôtres avec ce confinement qui bascule tous nos repères.

De mon côté depuis décembre la vie avait déjà pris une autre tournure avec notre chat-grin où j’avais dû mettre entre parenthèse la Parentaise.

J’ai eu besoin de me ressourcer, de revenir à l’essentiel : l’Atelier pour reprendre mes outils et cheminer. Ce qui m’a permis de pouvoir dès le confinement réinventer ma pratique et poursuivre mon travail au quotidien en continuant à accompagner à distance les adultes ou les enfants.

Même si c’est très déroutant de voir l’espace de la vie professionnelle se mélanger à celui de la vie personnelle, c’est une chance d’être encore dans l’action quand tout autour tourne au ralenti et de pouvoir être utile auprès des personnes qui en ont besoin.

Et vous comment vivez-vous ce confinement ?

N’hésitez pas à partager vos expériences, vos doutes, vos angoisses et vos espoirs.

Je vous mets ci-dessous quelques conseils qui pourront peut-être vous aider à mieux vivre ce temps suspendu.

Quelle stratégie adopter dans les moments de doute et d’inquiétude ?
Jean-François Clervoy, astronaute, conseille de « toujours penser à la solution. Se dire ‘je suis confiné pour éviter d’être malade’, c’est un but trop court. Le but est de se dire ‘je suis confiné pour aider la société à sortir de cette crise et pour que le coronavirus ne soit plus là’. Il faut toujours penser au but ultime, se l’approprier ».

L’astronaute ajoute qu’il est important, à un niveau individuel, d’avoir un but et un plan à suivre pour vivre du mieux possible cette période de confinement. « Il faut s’occuper : se définir un plan d’activités, avec de la lecture, des films, des jeux avec des enfants, avec de la détente, avec des exercices physiques que l’on peut faire chez soi », énumère l’astronaute. Il n’existe néanmoins pas de recette magique qui fonctionnerait pour tout le monde. « Faire la grasse matinée ou pas, faire son sport le matin ou le soir, faire des courses pour 3 ou 5 jours, savoir quoi acheter… Chacun sait mieux que quiconque quelle est la meilleure façon de s’organiser pour soi, qui respecte les règles de confinement », estime l’ingénieur.

Christophe André en tant que « calmologue », propose aussi quelques pistes pour ce confinement :

Il y a beaucoup d’inconvénients, mais aussi un énorme bénéfice au confinement : il redonne du temps libre à la plupart d’entre nous, du temps pour réfléchir et pour agir… C’est important, bien sûr, de prendre soin de soi pour le temps présent, mais ça l’est aussi pour la suite : nous sortirons du confinement en plus ou moins bon état selon les efforts de maintien en équilibre que nous aurons accomplis pendant…

  • Cultiver l’art de l’acceptation. L’acceptation est un classique de la philosophie et de la psychologie. Il s’agit d’accepter ce qu’on ne peut changer : accepter de rester enfermé alors qu’il fait grand beau temps et que la nature est toute proche mais interdite. L’acceptation n’est pas la résignation, c’est une étape avant le choix des actions les plus adaptées. Face à une maladie ou une crise, face aux adversités inhérentes à toute vie humaine, on accepte mais on ne renonce pas à faire face, agir, prendre soin de soi…
  • Structurer son temps et créer de nouveaux rythmes. En général, ce sont les rythmes sociaux – sorties, rencontres, travail… – qui ordonnent nos journées. Mais dans le confinement, nous devons nous imposer des rythmes personnels, organiser nous-mêmes notre emploi du temps, et nous y tenir, pour éviter, le soir venu, ce sentiment pénible de n’avoir rien fait de la journée. Attention aussi à bien respecter l’alternance jour-nuit : se lever le matin avant 9h et ne pas traîner devant les écrans le soir après 22 ou 23h.
  • Préserver un lien avec la nature. On va passer beaucoup plus de temps au jardin, pour les archi-ultra-chanceux qui en ont un, à observer les détails des plantes, du travail des insectes ; à savourer et ne rien faire ; à jardiner… Pour les autres, on va s’occuper de ses plantes vertes et se mettre souvent à la fenêtre pour regarder le ciel, observer le passage des nuages, et respirer l’air dépollué des rues vidées de leurs voitures.
  • Bouger son corps. En profitant bien sûr au maximum de la sortie quotidienne réglementaire dans le kilomètre réglementaire.
  • Savourer ses liens sociaux. C’est un des paradoxes du confinement : il nous aide à raviver nos liens sociaux, à les resserrer, à les approfondir.
  • Apaiser son esprit en diminuant sa dose d’informations quotidiennes. Le cerveau humain a une irrésistible attraction pour les informations négatives. Il est câblé pour prioriser son attention sur les signes de danger. Ça tient aux règles de l’évolution : être automatiquement attentifs aux dangers, c’est ça qui permet la survie. Les informations inquiétantes exercent un attrait puissant sur notre esprit. Alors, si elles sont accessibles en permanence, comme sur certaines chaines télé ou radio, ou sur Internet, le risque de surdosage est grand. Ce n’est pas parce que l’information est disponible en continu qu’il faut la consommer en continu ! Une ou deux fois par jour suffisent.
  • Prendre conscience de son souffle et cultiver des moments de pleine conscience tout au long de la journée. C’est ce que nous enseigne la méditation de pleine conscience : s’arrêter d’agir pour simplement observer et ressentir son souffle, c’est incroyablement simple et incroyablement puissant pour nous apaiser et nous aider à mieux comprendre ou savourer ce que nous vivons. Il y a des dizaines d’enregistrements disponibles sur Internet, des applications dédiées, et bien sûr des livres accompagnés de CD. Profitez-en ! Et n’oubliez pas aussi de prendre votre temps et de savourer l’instant : quoi que vous fassiez dans vos journées – marcher, manger, cuisiner, dialoguer… – si vous le faites en pleine conscience, en étant pleinement présent à ce que vous vivez, corps et esprit, ce sera bien plus fort, profond et agréable.
  • La gratitude consiste à prendre conscience d’un bien, d’un bonheur, d’une aptitude que l’on doit à autrui, et à s’en réjouir. Elle est une des émotions positives les plus agréables et les plus bénéfiques à notre santé, corps et esprit. Et si on prend la peine de l’exprimer à autrui, lors d’un coup de téléphone ou par une lettre, ses bénéfices sont partagés : elle procure alors un plaisir immense à la personne remerciée. Si vous teniez un journal de gratitude durant le confinement ? Et si vous postiez chaque jour un petit mot de remerciements à vos proches, amis et connaissances à qui vous voulez dire merci, même en quelques lignes simples ?
  • Je n’avais jamais vu un pareil déferlement d’humour sur les réseaux sociaux. Ni jamais compris à quel point c’était vital de rire. On a souvent observé que sous les dictatures, l’humour fleurit et permet aux citoyens de mieux supporter l’oppression. Nous nous en rendons compte durant ce confinement : toute cette créativité drôlatique nous rappelle à quoi sert l’humour. Il nous fait triplement du bien : 1) en nous offrant un moment d’émotion positive, 2) en nous reliant aux autres, qui nous ont envoyé la blague, 3) en nous donnant du recul sur la situation, en accentuant l’absurdité de ce que nous vivons parfois, et en nous offrant un nouveau regard.
  • Se sentir vivant. Le petit virus qui paralyse la planète a tué, et va tuer, beaucoup d’entre nous, qui ne demandaient qu’à vivre encore un peu. Et nous, sans l’avoir demandé ni mérité, nous sommes encore vivants, à cet instant. Sans savoir pour combien de temps encore, puisque nul ne le sait. Mais en lisant ces lignes vous êtes vivants, comme je le suis en les écrivant. Alors, pourquoi ne pas s’arrêter chaque jour quelques instants, pour se recueillir, en regardant le ciel, les arbres, tout ce qu’on aime, et se réjouir simplement de vivre ce moment ? Puis le dédier à celles et ceux qui ne sont plus là pour le savourer, et penser à eux, et respirer pour eux…

4 thoughts on “Être en parentaise pendant ce confinement”

  1. Merci beaucoup pour le partage des ressources ! De mon côté, confinement rime surtout avec télétravail, donc travail non-stop sur ordinateur et absence de frontière entre vie professionnelle et privée.
    En ce qui concerne la situation sanitaire et sociale, mon moral fait du yoyo, optimisme un jour, désarroi un autre… je pensais que l’infertilité m’aurait préparée à gérer mieux l’incertitude, et je me rends compte que ce n’est pas si simple, car c’est une situation tellement différente et extraordinaire.
    Bises à toutes !

    1. Merci Léa pour ton retour et je te rejoins sur cette impression de surmenage avec la surcharge de travail que ce confinement a généré. J’ai retrouvé beaucoup de similitudes avec l’épreuve du deuil où il faut s’adapter à la réalité et où le temps s’est arrêté. Je suis certaine que nous allons pouvoir en retirer du positif par cette expérience qui a demandé à tout le monde de dépasser ses propres limites. Je t’embrasse bien fort

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