Rien n’est plus vivant qu’un souvenir.

Je profite de ce jour de Toussaint pour vous partager un article que j’avais écris sur mon blog en 2017 mais que je n’avais jamais publié.


L’autre jour, je cherchais un papier cadeau dans mon tiroir aux multiples papiers. Je retrouve alors un emballage transparent avec des petites étoiles blanches au papier de soie gris. Je le prends sans me douter de ce qu’il pouvait contenir ayant déjà vidé 2 ans auparavant mon carton de grossesse.

Je découvre à l’intérieur un petit body tout doux en coton bio qui me regarde. L’émotion monte soudainement, je me retrouve plongée en 2012 où tout s’est arrêté : mon étoile *♡* est symboliquement là devant moi.

Mon étoile *♡*

Notre bébé aurait été “Prêt-à-câliner” si seulement…

C’est à ce moment là que je réalise que son absence et son existence sont intrinsèquement liés ; je n’ai aucune trace palpable de son existence et aux yeux des autres, il n’a pas existé. Mais pourtant là dans ce body je peux me l’imaginer si facilement. Je me sens projetée en un instant ailleurs dans cet autre monde qui m’est interdit, l’atterrissage est d’autant plus rude.

Mon mari percevant mon émotion me propose qu’on s’en sépare pour effacer ma peine. Mais je ne peux m’en séparer, c’est la seule trace qu’il me reste de lui et je ne veux pas l’oublier : ce bébé qui n’a été à terme et qui symbolise l’enfant que l’on ne pourra jamais avoir.

“Parfois, la seule vue des vêtements ou des objets qui appartenaient au défunt est insupportable. Dans un geste de “survie” on peut céder au besoin de s’en défaire au plus tôt dans le but d’atténuer la douleur de la perte.

Pourtant, cette empressement peut s’avérer regrettable. En effet, ces supports peuvent être utiles au cours de votre deuil comme autant de fils qui vous permettront de tisser le lien intérieur avec le défunt. Bien que les effets personnels constituent une douloureuse piqûre de rappel, ils jouent un rôle primordial dans votre chemin de deuil.

Car contrairement aux idées reçues, le deuil n’a pas pour objectif l’oubli ou l’oblitération totale dans votre vie du souvenir de l’être cher, bien au contraire, il s’agit d’un véritable travail de mémoire, qui permet progressivement de tisser en soi le lien intérieur avec le défunt et à accepter une forme de présence plus symbolique de votre proche, une présence intérieure.”

http://deuil.comemo.org/deuil-affaires-obseques


Ceci a une résonance toute particulière avec le travail du carnet de deuil que j’ai pu effectuer récemment et que j’aimerais à mon tour transmettre pour permettre à d’autres personnes d’honorer la mémoire de l’être cher qu’ils ont perdu.

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Évoquer le nom de l’enfant, revenir sur qui il était, savoir où on en est de sa peine parce qu’elle évolue au cours du temps… est important. À chaque Noël, à chaque date anniversaire du décès même après cinq ans, dix ans… il est essentiel de pouvoir réévoquer sereinement l’enfant qu’on a perdu. On ne remue pas le couteau dans la plaie au contraire cela fait paradoxalement du bien.” Dr Christophe Fauré, psychiatre, psychothérapeute.